J'ai voulu préparer un monde où je ne suis pas. J'ai voulu laisser une trace de ce que je désirais pour mes enfants. J'ai voulu écrire l'avenir que je souhaitais leur laisser.
Pourtant je suis resté devant une page blanche.
Si je fais le choix d'un monde où je ne suis pas alors je n'ai plus mon mot à dire.
Si je fais le choix d'un monde où je ne suis pas alors je n'ai pas à imaginer d'avenir.
Les choses m'échapperont définitivement, le futur ne fera pas partie de mes plans.
Dans un monde où je ne suis pas il n'y a ni pleurs ni rires. Je n'y suis plus. Je n'y voit plus.
Pourtant je peux essayer d'imaginer des lieux, des idées, des images.
Je sais que mes enfants ne resteront pas en France. Je sais qu'elles feront leur avenirs dans la campagne Portugaise. Je sais qu'elles seront choyées par leur grand-mère. Je sais qu'elles auront de l'espace, de l'air et de l'océan.
Je sais aussi qu'elles ne connaîtront plus les sauts dans les flaques sous la pluie. Qu'elles ne verront plus la neige craquer sous leurs bottes.
Seront- elles tristes ou joyeuses ? Auront-elles leur père a leur côté dans toutes les étapes de leur vie?
Dans un monde où je ne suis pas je n'ai pas les réponses à ces questions, mais je sais que mon cœur n'explose plus dans ma poitrine. Je sais que je n'ai plus cette colère à l'intérieur de moi. Je sais que je ne lutte plus pour me réveiller chaque matin. Je sais que la peur ne me tenaille pas à chaque instant.
Dans un monde où je ne suis pas mes questions resteront toujours sans réponses...
Dans une monde où je ne suis pas le mal est déjà fait et c'est trop tard pour y remédier...
Journal de bord de Babou[shka]. Journal d'une (re)construction. Journal d'une vie.